Les kanaky's roulent , ça continu !
Vacances 2011 des
Kanaky’s
Nous voulons apprendre a Marylou à apprécier le vélo. Mais cette fois elle n’est pas dans la charrette, ni sur sa troisième roue. Non, non, la demoiselle a son vélo perso, car elle s’est lancée toute seule en mars.
Nous partirons 6 jours sur le canal du Nivernais avec sa sœur Emeline et ensuite nous partirons 11 jours tous les trois, sans Emeline, sur les vélo-routes de Nantes a Brest.
Le canal du Nivernais
Vendredi 1er juillet 2011
Depuis 2 jours nous sommes en effervescence, les préparatifs vont bon train. Eric révise les 4 vélos et la charrette et moi je remplis les sacoches de vêtements, de nourriture, etc … J C’est rigolo, pour le tour d’Europe il avait fallu que je cherche sur le net pour trouver une liste détaillée de ce qu’il fallait emmener. Là, Je n’ai eu qu’a ouvrir un livre qui se trouve à la maison « Votre voyage par procuration » J. C’est drôlement bien qu’ils aient pensé à écrire la liste dans ce livre !
16h, nous prenons Marylou à l’école, 16h30 nous allons chercher Emeline à l’école; elle est en pleurs car elle quitte sont école, ses maîtresses et surtout toutes ses copines. Le Van est super chargé car la charrette et le vélo de Marylou sont à l’intérieur.
A 18h nous arrivons au camping de Chitry-les-mines où nous pourrons laisser le Van pendant notre périple.
Marylou et Emeline, euh !!! En fait, Emeline monte seule la tente où elles dormiront. Nous, nous dormirons dans le Van ce soir. Les filles font du vélo dans le camping avant de manger.
Nous allons chercher 2 bières et du coca pour trinquer à Maëva qui à eu son CAP et aussi à nos vacances.
Nous dinons de poulet, pommes de terre, fromage, gâteaux (que Maëva nous a achetés) OUPS !!! Emeline renversera son verre de coca sur la couverture et quelques minutes après c’est au tour de Marylou, mais par terre. Ensuite elles iront …. faire du vélo.
21h30, les filles sont enfin dans leur tente et elles discutent encore et toujours.
Dodo.
Samedi 2 juillet 2011
Pas trop mal dormi sauf que les miss se sont mises à discuter à partir de 5h du matin, en même temps que les oiseaux. Nous nous levons à 8h passés et le temps de déjeuner, plier, ranger nous nous mettons en route enfin a 10h.
En chemin, une famille qui habite le long du canal nous offre le café, super sympa. Ce qui est rigolo, c’est de voir Emeline contente de rencontrer du monde, mais n’ayant pas l’habitude, elle est méfiante de tous les gestes et des regards.
Nous repartons, et quelques kilomètres plus loin nous discutons avec un jeune éclusier.
A 13h nous déjeunons sur le bord du canal mais le vent est frais. Emeline perd une dent. Marylou pédale bien, elle va à son rythme. Elle râle bien un peu, mais aujourd’hui il y a une carotte au bout de la journée: un lac pour se baigner, ce qu’elles feront mais pas longtemps car l’eau est froide.
Avec Eric nous montons les tentes dans le camping, mais il y a vraiment quelque chose d'anormal sur notre tente. Nous pensons que les arceaux que Vaude a changés ne sont pas ceux qui correspondent a notre tente, et POF !!! Un arceau casse, GRRR !!! Eric répare et nous espérons que ça va tenir jusqu'à jeudi.
Eric se rend au village, à 4 km d’ici, pour acheter du pain et du lait. Le pain est d’hier mais c’est mieux que rien.
Les filles sont maintenant sur le bord du lac et Eric attache les vélos.
Nous n’avons parcouru que 20 km, mais rester toute la journée à l’extérieur est fatigant, je pense que je vais sûrement m’endormir rapidement ce soir.
Dimanche 3 juillet 2011
Après une nuit plus que mouvementée à cause de voisins de camping irrespectueux du repos des autres, nous nous levons a 7h. Eric prépare les cafés qu’il boira en lisant dans le calme du matin. Moi je plie la maison. les filles dorment bien et se lèvent à pratiquement 8h30. Nous déjeunons, plions le tente des filles et remplissons les gourdes. A 10h nous démarrons.
La nature est calme, il fait un peu frais quand on passe a l’ombre, mais une belle journée s’annonce. 3km plus loin, Eric monte au village à la recherche de pain.
Nous roulons tranquillement toute la matinée, nous arrêtant pratiquement à toutes les écluses, toutes aussi belles que les autres, surtout les écluses manuelles. Nous en voyons même une électriqueL, ça n’a pas le même charme.
A midi nous dénichons un petit coin sympa à l’ombre et en profiterons pour faire une petite sieste J.
Emeline, ravie de découvrir comment nous avons vécu pendant le tour d’Europe, nous pose plein de questions et, comme elle est entrain de lire notre livre, elle essaye de s’imaginer en train de
faire à manger ou comment trouver un emplacement pour le bivouac…
15h, Marylou commence à avoir marre de pédaler. Alors, je me mets à chanter avec elle, quand d’un seul coup, on voit Eric et Emeline s’arrêter devant un couple et 2 enfants à vélo. C’est Séverine et François avec Donatienne et Orane. Youpi !!! Nous sommes super contents de nous revoir, adultes et enfants. Du coup nous allons nous poser pour discuter, manger et jouerJ. Nous resterons 1h ensemble avant de devoir nous séparer, snif !!! Dommage qu’ils n’aient pas amené la tente, mais François travaille demain.
Il fait chaud, très chaud. Emeline pédale bien, mais on commence à ressentir des coups de faiblesse. Quant à Marylou, c’est un gros coup de ras le bol, et bien sûr, nous avons du mal à trouver un emplacement. Elle râle, elle pleure, elle râle… Mais, Youpi, nous trouvons un petit coin de paradis. D’un coté le canal et de l’autre l’Aron. Les filles s’y baignent plus d’une heure pendant qu'Eric et moi lisons à l'ombre. Il y a une source super fraîche près de nousJ, idéale pour y refroidir le rosé. On ne monte la tente qu’après avoir mangé les pâtes tant attendues par les filles.
Il est 22hO5, nous sommes(les filles)entrain d’écrire pendant qu’Eric range les vélos. La nuit commence à tomber et le frais aussi.
Aujourd’hui nous avons vu, lapins, canards, poules d’eau avec leurs petits, ragondins, hérons, poissons... et avons parcouru 33km.
Lundi 4 Juillet 2O11
Super. Méga bien dormi, mon fessier calé pile-poil dans le trou qui se trouvait làJ. Nous nous levons à 8h et réveillons les filles à 9h20, non sans mal.
A 10h nous roulons, doucement, tranquillement, nous les filles, sur la route d’hier que nous avons reprise, tandis qu'Eric préfère rester sur le bord du canal herbeux, caillouteux, cabosseux… Marylou s’inquiète de ne pas trouver de pont pour que son papa puisse nous rejoindre. Elle dit que nous et son papa devons faire demi-tour pour nous retrouver tous ensemble sur le pont que nous les filles avons traversé pour retrouver la route. Emeline reste à la même distance qu’Eric pendant que Marylou et moi allons au devant d’un pont. Youpi ! en voilà un. Mais du coté d’Eric l’herbe est vraiment trop haute. Donc il décharge son vélo, dételle la remorque et nous transférons le chargement par l’écluse. En avant pour une ballade en famille !J.
Emeline a un peu mal aux fesses, mais un peu moins qu’hier, tandis que Marylou prend de plus en plus d’aise sur son vélo. Elle parvient même à se lâcher d’une main pour saisir sa gourde et boire. Elle roule toujours devant et passe ses vitesses à chaque montée… une vraie championne ma nénette.
Nous déjeunons et achevons tout ce qu'il reste dans nos sacoches. Du coup, nous n'avons plus rien à manger et les sacoches sont légères, légères … Allez, il faut absolument atteindre Cercy-la-tour pour faire des courses.
Un monsieur nous indique un ATAC fermé le lundi L et un autre petit magasin, mais il ne sait pas si ce dernier est ouvert le lundi, reL. Si nous ne trouvons rien, nous sommes mal, très mal. Mais la chance est avec nous car la petite épicerie est ouverte et nous y trouverons tout ce qu’il nous faut. Le gérant nous prendra même en photo après qu’on lui ait raconté notre tour d’Europe. Nous nous offrons une bière et un soda pour les filles et repartons en direction du Van.
Nous nous arrêtons à un emplacement avec table à 17h, mais après 30 minutes tout le monde opte pour retourner à l’emplacement où nous avons déjeuné, et c’est reparti. Marylou et Emeline ont la super pêche. Elles chantent toutes les deux à tue-tête et d’un seul coup elles stoppent net !!! Elles sortent leur appareil photo pour prendre monsieur ragondin qui est tranquille au bord de la route. Et on repart. Stop !!! On prend la photo des filles avec le compteur qui affiche 100km. Elles sont super fières et nous aussi. Ca redonne des ailes à Marylou qui remonte sur « plume » (son vélo) et qui pédale, pédale, pédale. Nous arrivons à l’emplacement vers 18h15 et nous nous mettons à l'ombre pour lire tandis que les filles s'amusent et font même... du vélo !!! J Nous mangeons un bon müesli aux fruits frais et installons les tentes à 20h30. On se lave, on lave les dents sur le bord du canal et … PLOUF. Marylou tombe dans l’eauL. Plus de peur que de mal. 21h39, le soleil se couche enfin et nous pouvons profiter d’un brin de fraîcheur. Emeline essaye d’écrire son livre de bord tant bien que malJ, Marylou est dans la tente à écouter son mp3, Eric lit allongé par terre. Tout est calme, les grenouilles se réveillent, nous sommes bien !!!
Mardi 5 juillet 2011
Eric avait prédit que nous ne serions pas au soleil ce matin !!! Eh bien, quand même un petit peuJ. Nous nous levons et, comme tout les matins, attendons que les demoiselles veulent bien se réveiller. Vers 10h nous partons.
Ce matin nous rencontrons Claire et Grégoire accompagnés de Pierre (8 ans) et de Marion (2ans). Ils font le tour de Bourgogne sur 1 mois. Tous les ans ils attendent ce mois de vacances avec impatience. Marion a son vélo à roulettes attaché à la charrette. Cette famille nous plait. Juste un petit détail … ils n’arrivent pas à se lancer dans le camping sauvage. Avec notre discours, j’espère qu’ils y arriveront durant leur mois de vacances. Trop sympa cette famille.
Nous poursuivons la route pour aller déjeuner à un endroit où les filles pourront se baigner. Elles sont super contentes et se jettent à l'eau sans attendreJ. Nous dégustons un müesli bien frais, ayant profité d'une source pour rafraîchir nos aliments. Un müesli super frais c’est … hum !!! On en redemande.
Nous faisons la sieste pendant que les filles se baignent et c’est sans leur accord que nous reprenons la route vers 15H bien passés. Mais pff !!! Qu’il fait chaud ! Du coup nous trempons nos tee-shirts dans la source et hou hou !!! Que c’est froid de remettre notre vêtement, mais comme c’est bon cette fraîcheur !
Marylou a un peu de mal à rouler et dit qu’elle n’a plus de force, mais une fois à côté d’Emeline, c’est reparti.
Nous remplissons nos gourdes sur une aire équipée d'un robinet, à l’endroit où nous nous étions arrêtés avec Séverine, François et les filles.
16h30 nous arrivons à Chatillon en Bazois et sur le port nous regardons arriver vers nous un couple sur un Pino. Voilà LE vélo de mes rêves ! Trop bien ce vélo ! Du coup il me tarde de l’essayer. Eric est un peu plus réticent mais à y réfléchir il ne le trouve pas si mal ce vélo. J’imagine bien notre voyage avec un Pino pour moi et Marylou, et Eric sur son vélo. Mais avant notre grand départ, nous voudrions l’essayer et rouler tous les deux. Emeline aussi le trouve trop bien.
En ville nous buvons une bière, faisons quelques courses et je m’achète un livre. A 18h30 nous repartons à la recherche d'un emplacement pour la nuit, que nous trouvons à 19h.
Emeline est ravie de ces journées, elle n’en revient pas de rencontrer des gens aussi sympas. Eh oui, ici, sur nos montures, il n’y a de superflu pour personne, nous parlons tous la même langueJ. Je crois qu’elle apprécie notre façon de vivre maintenant, dans notre temps présent.
21h, les tentes sont montées et la fraîcheur nous fait du bien. Les filles sont excitées comme des puces, il faudrait les enregistrer, ça vaut le coupJ.
Mercredi 6 juillet 2011
Réveil sous un ciel nuageux, nous recevons même quelques gouttes de pluie. Du coup nous nous équipons de nos tenues de pluie, mais l’eau du ciel ne nous mouillera pas. Allez, on démarre … euh !!! On va attendre un peu car le pneu de la charrette est crevé.
Aujourd’hui nous voyons un peu plus de bateaux et les filles roulent à grande vitesse entre chaque écluse pour pouvoir aider les bateaux et les éclusiers. Et si on roulait un peu ? Alors tous ensemble nous décidons de déjeuner à la plage de l’étang de Baye. Nous y arriverons à 12h30 après qu’Eric et Emeline soient allés chercher du pain et quelques bricoles.
Brrr !!! Ça ne fait pas chaud, il y a beaucoup de vent, mais cela n’empêchera pas les filles de rester dans l’eau jusqu'à 15h.
Pendant ce temps, nous discutons avec un monsieur et son fils qui pédalent environ 25 kilomètres par jour. Il est surpris d'apprendre que les filles, surtout Marylou du haut de ces 6 ans, ont fait une étape de 43km.
Nous repartons et roulons tranquillement jusqu'à ce que nous trouvions un emplacement à 16h. Du coup je fais un Baccalauréat avec les filles, puis un jeu écrit avec Emeline et nous jouons, jouons, jouons, rigolons, rigolons et Emeline aura un fou rire ENORME.
Nous montons les tentes, moi la nôtre et les filles la leur, et c’est la première fois que je ne les aiderai pas, il était temps !!! Après l'apéro accompagné de crounch crounch, Eric prépare des pâtes. Il est maintenant 21h43. Marylou est dans la tente avec son mp3, Emeline et moi écrivons devant un capuccino et Eric lit, avec aussi son capuccino, mais sur une vraie table.
Jeudi 7 juillet 2011
Nous nous levons tranquillement et laissons le temps aux files de se réveiller tout doucement. Nous avons le temps ce matin. Seulement 10 kilomètres en descente à parcourir avant d'atteindre l'étape du jour.
Les filles espèrent revoir Julien (l’éclusier du premier jour) pour lui dire au revoir, mais les écluses passent et toujours pas de Julien. Tiens, elles le voient dans une voiture. Alors elles veulent à tout prix faire demi-tour et le retrouver à la prochaine écluse pour lui dire au revoir. Il est content et les filles encore plusJ.
11h, nous arrivons au van. Nous déchargeons nos vélos et partons en direction de la maison.
Bravo les filles pour vos 175km en à peine 6 jours !
Toutes mes Félicitations a Emeline qui ne connaissait pas les vacances vélo et nature et qui a (je crois) bien apprécié, et bravo a toi ma nénette qui, du haut de tes 6 ans, a réussi à pédaler sans jamais rechigner. Je suis une maman très fière.
Canal
Nantes/Brest
Lundi à 13 heures, nous arrivons sur la place de la mairie de Fégréac où nous aurions aimé prévenir la mairie que notre Van va rester 2 semaines sur le parking, mais cette dernière est ferméeL. Tant pis, on tente le coup !!!
Tandis qu'Eric décroche les vélos du porte bagage, j'aperçois le cantonnier et vais le prévenir. Mais ce dernier ne trouve pas l’idée très bonne et nous propose de laisser plutôt notre Van chez lui, à coté de « son » Van J. Solidarité entre « Van ». Alors, en un temps record nous vidons le Van de tout le matériel, nous nous changeons et Eric hisse son vélo dans le Van pour pouvoir revenir de chez Ludovic, le gentil cantonnier. Nous restons donc toutes les deux Marylou et moi à installer les sacoches sur les vélos en attendant le retour d'Eric.
A 17h nous montons enfin sur nos montures et nous replongeons très naturellement dans un nouveau voyage, certes plus court que notre tour d’Europe, mais une aventure tout de même.
Nous n'aurons probablement pas le temps de parcourir l'intégralité du canal de Nantes à Brest, car nous suivons le rythme de Marylou. C’est elle qui va être notre chef d’orchestre.
Nous commençons à pédaler dans le département de la Loire-Atlantique, sur la piste cyclable du chemin de halage, agréable et très roulante, constituée de petits cailloux. Il ne nous est pas facile de trouver notre rythme car Marylou passe d’une allure vive à une lenteur à poser le pied à terre. Alors je passe assez souvent devant pendant qu’Eric reste à rouler derrière elle. Après avoir parcouru 24km, Marylou ne tient plus sur ses petites jambes. Quand on ralentit, elle ne parvient même plus à tenir son vélo. Alors on s’arrête dès que possible. Ca tombe bien car nous avons la chance de trouver un bivouac dans un champ, juste au bord du canal. Superbe endroit. Marylou et Eric jouent ensemble une bonne partie de la soirée. Nous sommes claqués tout les trois.
Mardi, nous nous levons tranquillement. Bien entendu, Eric est dehors depuis un petit moment pour avoir le plaisir de boire son café avec dame nature et ses occupants. Tiens ! Il n’est pas tout seul. Un pêcheur est là, avec sa voiture et ses canes à pêche. Je ne sais pas depuis combien de temps il est là, mais il a été super discret car nous n'avons rien entendu.
Hum !!! comme ce petit déjeuner a bon goût, même si c’est du lait en poudre, car il fallait bien que j’oublie quelques chose. Qu’il est bon de se retrouver sur notre couverture à déjeuner dans la nature. Nous faisons un bond en arrière de 9 mois.
Nous n'avons rien perdu de nos habitudes et gestes. Eric se charge de la cuisine, de la vaisselle, du rangement des aliments dans les sacoches et moi je m’occupe de « la maison », « faire et défaire les lits » et tout mettre en sacoches. On dirait presque que nous faisons ça tous les jours tellement nos gestes sont mécaniques.
Nous démarrons vers 10h à peine. Marylou ne tient plus en place, la fatigue de la veille est bien oubliée.
Durant les deux jours qui suivent (mardi et mercredi) nous pédalons doucement, tranquillement avec la miss. Nos journées sont faites de « Bonjour », « Bonjour », « Bonjour ». Nous croisons et nous faisons doubler par un grand nombre de vélos.
-vélos chargés de sacoches plus ou moins vides, plus ou moins pleines,
-vélos chargés sûrement a la dernière minute,
-vélos chargés avec les moyens du bord,
-petits vélos, grands vélos,
- vélos en solitaire, vélos en famille,
Des vélos, des vélos, des vélos J...
Pour ma part je pédale devant Marylou car la voir si près du canal me stresse, surtout qu’elle ne regarde jamais devant elle. Elle me donne des sueurs froides !!!
Mardi, après avoir pédalé a peine 2km, nous découvrons un parcours d’escalade. Nous nous y arrêtons et faisons faire à Marylou le petit parcours jaune pendant que nous discutons avec l'un des moniteurs, Nicolas, de notre tour d’Europe, de l’émission de Zone interdite, de notre futur projet, de nos vacances sur la vélo route Nantes/ Brest.
Non sans mal, nous parvenons à remonter sur nos vélos, car la demoiselle aurait bien passé les vacances entières à faire de l’escaladeJ. Mais il faut que l’on se dépêche d'arriver à St Martin sur Oust pour trouver du pain.
Dans la journée nous ferons nos courses a Malestroit.
Nous roulons paisiblement, le canal est beau et sauvage. De temps en temps, un bateau navigue et en regardant bien, nos yeux découvrent des maisons entourées de verdure, d’arbres au feuillage au tons de vert différents, et de massifs floraux aux riches couleurs de bleus, lilas ou rose pâle.
Les écluses sont très fleuries, aux multiples couleurs, avec diverses décorations. Là, une barque bleue dans un virage du canal, une maison en pierre en fond, le tout entouré de vert foncé et de violine provenant de fleurs a papillons. Décor a vous donner le sourire pour la journée.
Après une étape de 46 km, nous nous arrêtons dans un camping au Roc St André. Nous arrivons justement le jour où un pot de bienvenue est offert.
En nous installant, plusieurs personnes viennent discuter avec nous de notre matériel et de que nous faisons et avons fait. Les discussions sont toutes très intéressantes. Parmi nos interlocuteurs se trouve un couple accompagné de leurs fils et de 2 copains, qui pédalent sur 6 jours en Aller-retour. Un couple anglo-français aussi. Marylou joue tout de suite en arrivant au camping et se fait déjà plusieurs copines, et malgré les 46km de la journée, elle ne donne pas l’impression d’être fatiguée. Au contraire, elle fera même du vélo dans le camping avec ses copines. Incroyable l’énergie qu’elle a du haut de ses 6 ans !
Le soir, une veillée conte a été organisée. La conteuse nous raconte une histoire de plante géante. Nous sommes assis par terre dans la forêt, la nuit tombe, les oiseaux de nuit accompagnent l’histoire, les chauves-souris nous survolent, mais soudain, la fatigue s'abat sur Marylou. Alors nous laissons la conteuse et son public pour nous glisser dans nos duvets.
Ce camping est superbe et nous nous promettons d'y revenir un jour. Pourquoi ? Un camping reste un camping. Mais avez-vous déjà vu des chambres d’hôtes dans d'antiques caravanes en parfait état. De mignonnes petites cabanes sont perchées dans les arbres par-ci, par-là. Un vieux vélo, une vielle moto, sûrement un des premier tandems, reposent contre un arbre. Superbe. De plus l’accueil des propriétaires est plus que sympa. Donc, nous y reviendrons.
Le mercredi, nous n'avons aucun mal à remettre Marylou sur « plume » (son vélo); elle sait qu’elle fera bien d’autres rencontres et ne se plaint pas non plus d’avoir mal aux jambes. Non rien !!!
La piste cyclable est toujours aussi sympa, nous roulons sur un revêtement stabilisé, un peu de cailloux par-ci, par-là, quelques trous, mais rien de bien méchant. Par contre nous roulons sous des arbres et nous ne quitterons pas nos tee-shirts à manches longues.
A Josselin, nous nous retrouvons face à un magnifique château, et nous montons en ville pour le voir de plus près et faire des courses. Mais c’est noir de monde. Alors, dès que nos emplettes sont terminées nous retournons déjeuner sur le bord du canal qui est beaucoup plus calme. D’ailleurs nous découvrons une écluse à pont tournant et entre les deux eaux, nous découvrons une magnifique maison entourée d'un jardin à l’anglaise. En allant nous installer pour déjeuner, nous disons bonjour à un papa qui a la même charrette que nous, mais neuve, accompagné d’une petite fille qui se prénomme « Marylou »J. Notre Marylou ne manquera pas d’aller discuter avec le monsieur et la petite fille.
Le soir nous nous arrêtons de nouveau dans un camping, car Marylou a plus de 47km dans les jambes et surtout nous ne trouvons pas de place pour bivouaquer. Le camping n’a pas grand intérêt, mais il est situé à coté d’un parc de jeux. Marylou est aux anges. Et de bien entendu elle se fera des copines.
Durant mon passage dans les sanitaires, un monsieur me dit m’avoir déjà vu quelques part, mais où ? Je lui donne l’indice d’M6 et tout de suite il me dit "oui-oui" et ce sera plus d’une heure de discussion et d’échange. J’aime.
Le matin nous partons vers 10h et ce matin il fait encore beau, génial. D’accord il ne fait pas très chaud, mais il ne pleut pas !!! Nous sommes tout de même en Bretagne !!!
Le jeudi soir nous bivouaquons dans un champ derrière des balles de foin, il tombe quelques gouttes mais rien de bien méchant.
Le vent de face sera notre compagnon quotidien, mais heureusement le soleil se fait de plus en plus chaud.
Marylou sait maintenant à quel moment il faut qu’elle change de vitesse. Nous n’avons plus rien à lui apprendre, snif !!! Une vraie petite championne.
Nous rencontrons Madame Plante Gigantesque, énorme ! Une feuille de cette plante suffirait à vous protéger de la pluie. En plaçant la chaussure de Marylou au centre, Hi ! Hi ! Hi ! elle est minuscule. En la regardant de plus près avec le soleil a travers, de magnifiques dessins se composent. On pourrait presque y voir la sève circuler dans les nervures.
Marylou nous parle beaucoup du tour d’Europe et surtout des images de l’émission, et à plusieurs reprises elle nous demandera de lui donner la main tout en pédalant comme nous le faisons tous les deux. La première fois Eric était à sa gauche et elle n’a pas réussi à lâcher son guidon. Ils ont donc changé de coté et elle était super fière de pédaler la main dans la main avec son papa. Dans la journée elle tentera plusieurs fois de lâcher son guidon alternativement de la main gauche et de la main droite.
Nous voyons aussi beaucoup de fours à pain, mais … nous n’avons que 11 jours à pédaler alors on n’attendra pas que les flammes soient moins fortes pour y voir enfourner le pain.
A Mur-de-Bretagne, nous nous arrêtons dans un supermarché pour faire nos courses et nous rencontrons Virginie, Thierry et leurs deux enfants. Eric discute avec eux pendant que je m’occupe de remplir les sacoches qui sont pleines de vide. De plus dimanche approche et nous ne savons pas si nous trouverons un magasin ouvert. Alors je charge !!!
Nous discutons encore un peu de notre matériel, de notre expérience et de nos projets mutuels alors que les enfants discutent entre eux et se partagent des bonbons en comparant leurs sacoches, leurs guidons etc. comme des pros, puis chacun reprend se route.
Avant midi, nous nous arrêtons pour discuter avec quatre jeunes filles qui sont étonnées et épatées en nous écoutant. Notre récit leur donne envie de tenter l’expérience sur du long terme, car déjà celle qu’elles vivent en ce moment leur plait vraiment. Plus tard, un autre couple avec deux enfants s’arrête et ce sera encore l'occasion d'une halte de plus d'une heure J .
Le soir nous bivouaquons dans un petit coin sympa. Eric fait un petit feu de camp. A côté de la tente se trouve un banc où je m'installe pour lire un bon moment au soleil, hum ! En mangeant, un chant d’oiseau fait tendre l’oreille d’Eric tout de suite. C’est un martin pêcheur. Le chant s’amplifie et dure quelques minutes, puis s’arrête et reprend . Eric pense que son nid ne doit pas être loin de nous et nous devons le gêner. Tout d’un coup, nous voyons ce bel oiseau bleu s’envoler tout près de nous en rasant l’eau. Nous l'observons et l'écoutons à plusieurs reprises avant de nous coucher. Voilà un moment vraiment magique où la nature nous offre ce qu’elle a de plus beau: la simplicité. Nous pourrions rester des heures juste à écouter, observer et sentir. Tous nos sens sont en éveil… mais le froid, l’humidité et la nuit nous font rentrer dans la tente.
Le samedi se lève, le ciel est gris, un peu de brume, la fraîcheur se fait sentir et d’un coup … l’odeur des tartines qu’Eric fait griller sur le feu de camp titille mes narines. Pas de grille-pain électrique pour nous ce matin, juste quelques morceaux de bois mort entassés sous la grille qui repose sur trois sardines de tente enfoncées dans la terre. Hum, comme on est bien !
En reprenant la route, un couple nous demande si nous avons bien dormi. Ils aimeraient bien faire du bivouac mais ils disent avoir peur des animaux, des gens et aussi du mal au dos qu’ils auraient sans leur lit.
C’est étonnant le nombre de personnes qui n’osent pas bivouaquer, par peur.
Nous devons absolument passer au village pour acheter du lait et du pain, mais il faut emprunter une longue portion de route. La circulation est intense et les voitures roulent assez vite. De plus, la route monte sérieusement et pour aggraver le tout, quelques gouttes de pluie se font sentir. Nous nous équipons donc de nos blousons de pluie et en avant ! Marylou montera cette belle côte comme une chef, même si Eric est de temps en temps obligé de lui dire de faire attention et de bien rester derrière moi.
Arrivés au village, nous trouvons tout de suite la supérette à côté de laquelle se trouve un local où deux femmes confectionnent des crêpes à la chaîne. Nous allons les voir et nous discutons. Elles font une quantité énorme de crêpes par jour et nous leur prenons un paquet de six pour un euro quatre-vingt. Elles offrent une crêpe à Marylou. Si nous avions su, nous leur en aurions acheté davantage car elles étaient super bonnes et quand on a petit creux c’est excellentJ.
En cherchant une boucherie, car nous aurions aimé manger un morceau de viande, mais la superette n’en avait plus, je remarque un panneau « Canal Nantes/Brest ». Grrr !!! En fait, nous aurions pu prendre un chemin moins stressant que la grande route. Alors nous suivons cette indication pour retourner sur le bord du canal et ça commence par une grosse descente. Marylou doit freiner en permanence, mais son vélo fait un bruit « d’éléphant » au freinage, à vous rendre sourd. Elle, ça l’amuse, alors elle nous compose un concerto …. Cri … cri… crii… criiiii … crii… criii... cri… Marylou est éclatée de rire. Heureusement le calme revient sitôt le terrain plat retrouvéJ.
Aie, alors là ça se complique... la route se transforme en chemin de randonnée, un chemin creusé par les bagnards, appelé "la tranchée", long de deux kilomètres avant d'atteindre le canal. Nous devons faire descendre nos montures par des escaliers naturels où les marches sont de plus en plus hautes. En plus, il pleut et nous pataugeons dans la boue.
Je descends la première tout en freinant le plus possible pour ne pas me faire emporter par ma monture. Eric descend la charrette dans un premier temps pendant que je vais chercher « plume » (vélo de Marylou qui n’est vraiment pas léger comme une plume, bien au contraire) et ensuite Eric retourne chercher son vélo. Ca c’est de l’aventureJ. Mais nous ne sommes pas les seuls à nous être trompés. Derrière nous une famille avec quatre enfants et deux charrettes se sont aussi fait prendre. Nous les aidons tout en discutant. Ils roulent dans le même sens que nous alors on imagine que nous nous reverrons sur la route.
Nous déjeunons peu de temps après les avoir quittés, sous un gros chêne pour moins sentir la « crachouille » qui tombe du ciel. Il ne fait pas très chaud, alors Eric met le réchaud en route pour que nous puissions boire un cappuccino bien chaud, hum !!! Marylou en prend aussi un petit verre, mais nous n’aurions peut être pas dû car ensuite elle nous fait quinze kilomètres en un petit peu plus d’une heure J. Il faut la suivre la demoiselle. Cappuccino ou pluie ? Qu’est ce qui la fait avancer ? Il est vrai qu’il pleut de plus en plus et qu'elle commence à en avoir assez d’être mouillée. Alors après avoir passé trente-six écluses en quinze kilomètres, nous nous arrêtons à 15h30 sur l’aire de pique-nique du pont Daoulas. Je monte la tente pendant qu’Eric installe la bâche pour mettre la charrette au sec et nous abriter ce soir au dîner. Une fois la maison montée, Marylou et moi nous réfugions dans nos duvets car le froid commence à nous glacer les pieds.
Par moment nous avons l'impression que la pluie cesse et je me dis alors que nous aurions peut-être pu continuer à rouler encore un peu. Mais je n’ai pas fini ma pensée qu’un gros nuage s’installe au dessus de nos têtes et se déleste de son eau !
On est samedi et voilà six jours que nous roulons en direction de Brest. Il nous reste six à sept jours à rouler et soixante-dix kilomètres pour atteindre Châteaulin qui marque la fin de la voie aménagée pour les vélos. Ensuite, il ne serait pas très pratique avec Marylou de rallier Brest et de toute façon c’est encore beaucoup trop loin. Alors nous décidons de faire chemin inverse à partir de demain dimanche. Marylou n’est même pas déçue à l'idée de ne pas voir la mer. Par contre elle ne veut vraiment pas manquer le parc d’escalade qui se trouve avant d’arriver au van.
Le dimanche matin il ne pleut plus mais il fait toujours bien gris, nous prenons donc le petit déjeuner sous la tente, comme pendant notre tour d’Europe. Marylou en parle de plus en plus, nous rappelant de multiples anecdotes et ça nous fait sourire.
A midi il ne pleut plus du tout, alors nous rangeons nos blousons de pluie. Eric profite de notre pause pour nettoyer le réchaud qui n’a pas bien fonctionné ce matin. Il le démonte et essaye de comprendre la raison de la panne.
Nous rencontrons Jeanine et son mari à l’écluse 170. Jeanine est née dans cette écluse que ses parents achetèrent au moment où l’état vendait les écluses aux enchères. Ce jour là, personne n’avait surenchéri car ses parents et grands-parents étaient des éclusiers respectables. Aujourd’hui, Jeanine en profite l’été. Marylou se régale d'une tarte aux prunes vertes avec du " jaune d’or" (description de la tarte faite par Marylou). Ils ne nous reconnaitront qu’une fois que nous serons tous les trois ensemble car nos looks ont bien changé depuis le passage à la télévision.
Nous ne rencontrons pas beaucoup de vélos et avons presque l’impression d’être tout seuls sur le canal, mis à part les pêcheurs. D’ailleurs ça donne envie a Eric d’essayer la pêche. S’il pouvait trouver près de chez nous un endroit aussi calme qu’ici, il irait peut-être pêcher de temps en temps.
Le soleil est enfin de retour, et après une belle étape de cinquante kilomètres, nous arrivons à l’abbaye de Bon Repos. A l’aller, quelqu'un nous avait dit qu'une fête s'y déroulait pendant plusieurs jours, avec un spectacle de sons et lumières le soir. J’avais aussi repéré un camping rural à proximité de l'abbaye. Nous décidons donc de nous arrêter là pour passer une soirée sympa. Nous buvons une bière à la terrasse d’un café avant d’aller nous installer au camping et nous visiterons le village après. Mais… pas de camping. Ce que j’avais repéré n'était qu'un champ servant de parking aux camping-cars le temps de la fête médiévale qui a duré trois jours et qui s'est achevée HIER. Grrr !!! Ce n’est vraiment pas de chance. Mais ce n’est pas grave, nous poserons tout de même la tente dans le champ, mais que le soir, juste avant la nuit.
Avant de partir visiter l’abbaye nous rencontrons un couple de ch’tis en tricycle couché, Cécile et Denis. Cécile me fait essayer son engin. Comme on est bien installé ! Comme cette position est agréable ! Pendant ce temps, Eric discute avec Denis et Marylou joue avec le petit garçon de la maison devant laquelle nous nous sommes arrêtés pour discuter. Après un bon moment, nous allons quand même visiter l’abbaye mais nous aurons du mal à y entrer car une famille nombreuse nous pose plein de questions. Eric y répond, sur les marches de l’entrée, pendant que je vais chercher un livre à l’intérieur.
Après la visite, nous redescendons dans le village et de loin, de très loin, je vois une personne habillée d’un tee-shirt aux couleurs kanaks. Je roule à toute allure vers lui pour lui demander s’il vient de Nouvelle-Calédonie. Oui ! Et nous discuterons encore et encore avec cette famille de Bretons-Kanaks. D’ailleurs le monsieur est le papa de « Ielö Page », championne du monde 2010 de boxe thaï. Encore une belle rencontre durant laquelle Eric parlera de la Nouvelle-Calédonie et partagera un peu de sa vie de là-bas avec eux.
Et si l'on essayait de trouver à manger ? Nous décidons de dîner dans un des trois restaurants, pas trop tard afin de monter le tente avant la nuit. Les trois restaurants affichent bien d'alléchantes moules-frites mais tous sont fermés le dimanche soir. Grrr !!! Décidément, plus de camping, plus de spectacle et maintenant plus de moules-frites. Alors on nous indique une crêperie où nous mangerons tout seuls sur la terrasse. La fraîcheur commence à se faire sentir mais nous préférons rester à côté de nos vélos, une polaire sur le dos.
Nous discutons avec Nadia et sa tante.
Nous jouons avec Marylou.
Nous passons une bonne soirée.
Le propriétaire nous propose de poser la tente dans le parc qui entoure sa crêperie, mais nous refusons car c’est un peu trop proche de la route. Nous finissons de dîner et allons installer la tente dans le champ. Nous sommes tout seuls dans cet immense champ, c’est super !
Il a fait un peu frais dans la nuit, mais ce matin un beau ciel bleu et un grand soleil sont présents pour nous réchauffer.
La journée commence par une montée, pas trop longue mais très belle. Je dis à Marylou qu’elle peut poser pied à terre si elle pense ne pas y arriver. Elle pédale tout doucement et à mi-chemin elle s’arrête. Mais comme elle veut absolument y arriver, elle remonte sur « Plume » et appuie sur les pédales de toutes ses forces. Et c'est une gamine toute fière qui parvient au sommet de la côte, sous les applaudissements de ses parents. BRAVO à notre petite Championne !
A midi nous déjeunons sur une table proche d’un étang de pêcheurs, beurk ! Beurk ! Beurk ! C’est très sale. Il y a des crottes de chiens partout, et de bien entendu il y a des abeillesL. Nous nous dépêchons de manger pour partir au plus vite. Un jeune couple, avec leur fille de deux ans en charrette, s’arrête sur la table située un peu plus loin à l’ombre. La dame tourne la tête plusieurs fois en notre direction et quand Marylou s’approche d’eux pour jouer avec la petite fille, la dame lui demande : "tu ne t’appellerais pas Marylou ?" Imaginez la tête de Marylou ! Et sa fierté d’être connueJ.
En fait Céline nous a vus à la télévision et quand elle a raconté à Xavier, ils se sont dit qu’eux aussi, accompagnés de leur fille Lilou, ils pouvaient aller au bout de leurs envies. Nous discutons plus d’une heure avec eux. Ils nous montrent leur sèche-linge en expliquant qu’ils avaient repris l’idée sur notre charrette. Ça fait plaisir de voir notre rêve se concrétiser, « donner envie de partir sans se poser de questions ». Céline nous dit que son seul problème dans l'aventure c’est son mal aux fesses !
- Ne te fais pas de souci, Céline, il te faudra quatre jours de vélo pour ne plus y penser. Vous êtes partis il y a trois jours, alors plus qu’une journée et se sera finiJ !
Après cette belle rencontre, nous nous séparons en espérant nous revoir, car nous roulons dans le même sens. Eux font Brest/Nantes car Xavier étant breton, il préfère avoir le vent dans le dos et selon lui, le vent vient toujours de Brest. C'est malheureusement une théorie qui ne se confirme pas car nous avons eu le vent de face à l’aller et l'avons encore maintenant au retourL.
Dans l’après midi nous nous arrêtons a Pontivy pour visiter le château avec Marylou. La visite de châteaux n'est pas une passion pour moi, mais Marylou en a très envie et c’est la première fois qu’elle entre dans un "grand" château. Elle est émerveillée par l’immense cheminée, contente d’aller marcher dans la tour et surprise de descendre dans le sous-sol par des escaliers en pierres très abimés par le temps. Le reste du château n'est qu'expositions de peintures et de sculptures. Rien de bien intéressant donc pour nous qui aimons la nature avec un grand N. Eric nous attend à la terrasse d’un café devant une bière bien fraîche.
Nous poursuivons notre route. Marylou aimerait bien retrouver une copine dans le camping de Rohan, mais elle est déjà bien fatiguée et il se fait tard. Alors, elle ne proteste pas lorsque nous lui annonçons que nous allons bivouaquer ce soir encore. C’est mieux pour elle, elle a déjà cinquante trois kilomètres dans les jambes et le camping est encore à dix kilomètres. Nous montons donc notre maison à Hilvern, la première écluse sur l’échelle de trente deux à venir, que nous ferons demain dans la descente.
Apres avoir installé la tente et cherché du bois pour le feu de camp de ce soir et de demain, Eric fabrique une canne à pêche pour Marylou, afin qu'elle joue « pour de faux ». Une banche droite, un fil de nylon dégoté sur le chemin dans la journée, un bâton de sucette qui transperce un bouchon de liège d’une bonne bouteille de rosé que nous avons été « obligés » de boire J, et un boulon en guise d’hameçon. Elle jouera plus d’une heure « à faire semblant de pêcher ». Imaginez la tête du poisson qui passant par là se fait assommer par le super hameçon !
Le lendemain, pendant que nous plions et rangeons, Marylou va s'amuser au parc de jeux qui se trouve de l’autre côté de l’écluse, et quand nous lui demandons de venir pour repartir, pas de problème, elle arrive sans protester.
Il fait encore très très chaud aujourd’hui. A midi nous rencontrons un couple de canadiens avec leurs deux enfants. Marc prend plaisir à discuter avec nous et nous encore plus car il est super sympa d’écouter ce bel accent canadien. Marylou roule super bien et pédalera cinquante quatre kilomètres dans la journée. Mais où trouve-t-elle cette énergie ? Tout simplement dans la carotte que nous avons mise au bout de la journée, le camping du Roc saint André avec sa piscine chauffée où nous étions mardi dernier. Nous y arrivons à seize heures. Je demande au propriétaire du camping si Marylou peut se baigner en slip après avoir pris une douche. La réponse est positive et en plus il nous prête un maillot de bain de sa nièce qui a la même taille et corpulence que Marylou.
Mais où trouve-t-elle toute cette énergie ??? Moi, après cinquante quatre kilomètres, sous une grosse chaleur, je suis HS. Marylou, elle, s’éclate dans l’eau durant deux heure trente. Pff !!!! J’ai un peu de mal à la suivreJ.
Comme mardi dernier, nous sommes invités au pot de bienvenu du camping et nous mangeons une saucisse-frites accompagnée d’une bonne bière. Et, comme mardi dernier, nous allons écouter la conteuse nous raconter l’histoire de ces petits lutins qui ne sont pas plus haut que vingt-cinq centimètres, qui ont le nez retroussé, les oreilles en pointe et les doigts crochus. Les petits lutins de la forêt bretonne, que l’on nomme « les korrigans ». Et ensuite la conteuse nous raconte l’histoire « des Toupideks », petits lutins qui habitent au pays des esquimaux et qui sont coquins car ils adorent se transformer en objet pour faire des farces aux humains. Marylou qui commence à être fatiguée viendra dans mes bras mais n’en lâchera pas une miette, subjuguée par ces histoires. Nous venons de passer une super soirée.
Le lendemain nous ne nous pressons pas pour repartir, afin de ne pas arriver trop tôt au van. C’est donc à onze heure que nous nous décidons enfin à enfourcher nos montures.
Oulala ! Qu’il fait chaud !
Peu de temps après être partis du camping, nous discutons tout en roulant avec un couple et une amie à eux. Ils ont aussi fait la connaissance de Lilou et de ses parents, et apparemment ces derniers ne sont pas très loin derrière nous.
A Malestroit, nous nous rendons en ville à la recherche d’un magasin et retrouvons ces trois personnes dans le magasin. Eh oui il y a une chose qui est obligatoire pour tous, c’est MANGER. Nous sommes tous faits pareil. Nous nous alimentons pour prendre des forces que nous dépensons en activités diverses pour pouvoir recommencer à manger, c’est une histoire sans fin J.
Nous discutons en rangeant les courses dans les sacoches et quand je relève la tête j'aperçois deux vélos qui se dirigent vers le magasin. H ! Monsieur H !
Mais qui est Monsieur H ?
Monsieur H est une personne que nous avons rencontrée au festival de Colmar « Eloge de la lenteur ». Un jour il décide de tout plaquer pour une nouvelle vie, « sans voiture et sans regret », ou presque sans voiture, car sa femme, Richarde, le véhicule de temps à autre. Alors monsieur H voyage a pied ou en vélo qu’il appelle GPV (génial petit vélo) auquel il attelle RDV (remorque de voyage). Mais Monsieur H est un passionné de la mer, alors il attelle souvent BFM (son trimaran a pédales et à voile).
Malheureusement BFM est retourné à la maison mère, qui se trouve sur la vélo route Nantes/Brest, pour y être exposé, après de bons et loyaux services. Il est HS.
Quelle coïncidence de se retrouver là, devant ce magasin (qui ne se trouve pas directement sur la vélo route) et surtout avec la même envie de bière J!
Nous déjeunons ensemble et discutons de BFM, de ses voyages ainsi que des nouveaux projets de Monsieur H et de madame, « voyager dorénavant en couple ».
Nous discutons aussi de nous, de notre livre, du reportage de M6 et de notre projet, et à 16h30, chacun repart de son côté.
Apres une vingtaine de kilomètres nous nous arrêtons sous un vieux chêne à St Martin sur Oust où Eric fait un feu de camp. De temps en temps nous entendons des bruits sourds sur la tente ??? Ce sont d’énormes glands qui tombent quand un petit vent passe par là. Et le jeudi matin, tout en pliant la tente, j’en recevrai un très gros sur le bord de mes lunettes !!!
Après avoir parcouru quatre kilomètres, nous prenons la route départementale qui mène au village "les Fougerets" où nous aimerions voir le bateau de Monsieur H. Après une belle côte, superbement franchie par Marylou, nous trouvons le fameux trimaran en exposition. Nous prenons des photos et discutons de ce drôle de bateau a pédales, puis nous reprenons sur la vélo route.
Après avoir parcouru une dizaine de kilomètres, nous parvenons au rocher de l'île aux Pies où se trouve le parcours d’escalades que Marylou avait essayé a l’allée (juste le parcours initiatique). Ainsi que nous le lui avons promis, nous nous arrêtons pour qu’elle fasse le parcours avec papa. Pendant ce temps, je prends des photos, les deux pieds bien sur terre car le vertige me joue de vilains tours. Nicolas, le moniteur, distribue le matériel et explique tout à Eric. Et c’est parti pour environ deux heures d’escalades et d’accrobranche. Marylou s’éclate sur le premier parcours, le vert, et pendant ce temps arrivent Céline, Xavier et la petite Lilou. Ils restent durant tout le parcours où ma nénette poursuivera jusqu’au parcours bleu. Alex, un autre moniteur, me dit qu’en principe les enfants de six ans ne font pas ce parcours car leur taille ne le permet pas. Mais Marylou est aussi grande qu’une gamine de huit ans et elle y parvient facilement, malgré un passage où la peur commence à lui chatouiller le ventre. Mais papa est là et le moniteur lui indique, en criant, où placer les pieds et les mains.
Euh ! Eric est bien content d’avoir enfin les pieds sur terre. Je vais régler, mais Alex, qui est en fait le propriétaire, à qui Nicolas a expliqué notre tour d’Europe, nous offre notre activité en expliquant que c’est leur participation pour notre futur voyage. Non, non je ne pleurerai pas mais les larmes n’étaient pas loin et nous ne leur dirons jamais assez merci pour ce geste. Et comme si cela ne suffisait pas, ils proposent à Marylou de continuer autant de temps qu’elle le voudra. Mais la faim commence à nous tenailler, alors on verra après déjeuner. Déjeuner que nous partageons avec Céline, Xavier et Lilou.
Nous repartons tout les six, et Marylou ne demandera pas à retourner faire de l’escalade. Encore un grand merci à Alex et Nicolas pour nous avoir permis de faire leur connaissance.
Vers les 16 heures, après avoir traversé Redon tout les six, nous nous séparons car nous ne sommes plus très loin du van et nos amis doivent encore parcourir quelques kilomètres avant d’arriver à leur gîte.
Et ce sera à 7 km avant l’arrivée au van, que Marylou fera sa première grosse chute en dérapant sur des gravillons. Je suis sûre que vous entendez ses hurlements rien qu’à lire !!!
On nettoie et moi qui suis contre les pansements à la maison, j’en sors de la pharmacie et le miracle du pansement arriveJ. Il aura tout soigné en deux secondesJ.
Nous arrivons au van, qui tient toujours compagnie à celui de Ludovic. Ce dernier, sa femme et ses filles, nous offrent du cidre et nous donnent aussi un peu de leur temps.
Voila ! Le parcours Nantes/Brest prend fin le jeudi 18 août 2011, après 11 jours de vélo
Marylou a parcouru 470 kilomètres avec nous.
Bravo ma puce de nous avoir permis de vivre ta première grande aventure avec tant de plaisirs, de sourires, de paroles, de chansons, d’histoires et aussi avec les colères de ta maman J. Vivement les vacances d’été 2012 !